Tout savoir sur le chamois

Le chamois est un mammifère ongulé ruminant de la famille des Bovidae et du genre Rupicapro (ou « chèvre des rochers »). La France accueille trois sous-espèces de chamois :

  • Le chamois des Alpes (Rupicapra rupicapra rupicapra), présent naturellement dans tous les départements des Alpes et du Jura, a été introduit dans les Vosges et le Cantal ;
  • Le chamois de Chartreuse (Rupicapra rupicapra cartusiana) se rencontre uniquement dans le massif de la Chartreuse entre Grenoble et Chambéry ;
  • Le chamois des Pyrénées (Rupicapra pyrenaica pyrenaica), également appelé isard, colonise toute la chaîne pyrénéenne.

Le chamois se différencie de l’isard d’abord par le pelage. En été, celui du chamois est à dominante gris-beige ou gris-jaunâtre, celui de l’isard uniformément beige-rougeâtre ou ocre. En hiver, la livrée du chamois est d’un brun très foncé, noirâtre, qui fait ressortir la couleur crème de la gorge et du chanfrein. Il est très facile de l’observer au flanc des montagnes à l’aide de jumelles de chasse.

Celle de l’isard comporte de nombreuses zones claires, sur les épaules, les cuisses et la base du cou. Deux bandes sombres reliant les oreilles aux membres antérieurs forment l’« écharpe », caractéristique de Rupicapra pyrenaica.

Le chamois est légèrement plus grand et plus lourd que l’isard. Le premier mesure 80 cm de hauteur au garrot pour 1,25 m à 1,30 m de longueur, le second 70 cm au garrot pour 1 m à 1,10 m de longueur. Un mâle adulte (bouc) pèse entre 35 et 50 kg chez le chamois contre 25 à 40 kg chez l’isard. Les femelles (chèvres) sont toujours plus légères que les mâles (de 8 à 12 kg).

Mâle et femelle portent des cornes visibles dès l’âge de deux mois. A 6-7 mois, elles mesurent 3 à 5 cm et amorcent une légère courbure vers l’arrière. La croissance, qui s’interrompt en hiver, est importante les trois premières années. Le dénombrement des segments de croissance permet de déterminer l’âge de l’animal.

Le jeune est appelé chevreau jusqu’à un an, le jeune mâle dans sa 2ème année éterlou, la jeune femelle éterle.

Les chamois se nourrissent essentiellement de plantes herbacées, graminées et légumineuses.

Au printemps, ils gagnent les fonds de vallées, attirés par les repousses tendres d’arbustes et de plantes à bulbe. En été et en automne, le choix est grand, mais légumineuses et graminées demeurent préférées. En hiver, leur nourriture varie en fonction de l’épaisseur et de la consistance du manteau neigeux qui en conditionnent l’accès. C’est alors qu’ils peuvent être contraints à s’alimenter de bourgeons, rameaux, écorces et lichens. Ses dégâts aux peuplements forestiers ne sont jamais importants.

Dès octobre, se forment de grands rassemblements d’animaux auxquels se joignent les mâles qui, jusque-là, se tenaient à l’écart des femelles et des jeunes. Le rut s’étale de novembre à mi-décembre. En mai ou juin, après 23 semaines de gestation, la chèvre donne naissance à un jeune. Le chevreau mesure 50 cm de long pour 35 cm de haut et pèse de 2 à 2,7 kg. Il lui suffit de quelques heures pour se tenir debout et quelques jours pour suivre sa mère. A l’âge de 2 mois, il pèse entre 9 et 10 kg.

Le chamois n’est pas un hôte inconditionnel de la haute montagne. Plus que les altitudes élevées, il préfère la zone des forêts et la partie inférieure de la montagne pastorale, entre 800 et 2 300 m. II pet s’installer à des altitudes très basses à condition d’y trouve des versants escarpés nécessaires à sa sécurité. Avec une caméra animalière on le voit parfois sortir la nuit à basse altitude.

Sachant utiliser au mieux les différentes facettes du milieu, le chamois s’accommode de climats et de paysages végétaux très divers.

Gestion de l’espèce

A la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, les effectifs de chamois étaient très bas. La création de nombreuses réserves, une réduction progressive de la période de chasse et la mise en place de mesures destinées à limiter les prélèvements ont permis de reconstituer la plupart des populations présentes avant-guerre. Mais une pression de chasse croissante aux abords des territoires protégés a freiné leur expansion et le développement des effectifs hors des réserves.

Cette situation a conduit à l’instauration du plan de chasse au chamois et à l’isard, qui fixe, par décision préfectorale, pour chaque département un nombre maximum d’animaux à prélever. Grâce à cette mesure, effective depuis 1990, l’aire occupée par les chamois s’est accrue de près de 20% en six ans tandis que leurs effectifs ont presque doublé : 56 000 dans les Alpes, 2 300 dans le Jura, 900 dans les Vosges, 400 dans le Massif Central et 25 000 dans les Pyrénées.

We will be happy to hear your thoughts

Leave a reply