La chasse au miroir

L’alouette et sa chasse au miroir appartiennent à une bien ancienne mémoire rurale. Du nord au sud de l’Europe occidentale, cette pratique fût très courante, au moins dès le XVIIe siècle. Durant cent ans, de 1850 à 1950, toute une petite industrie s’est développée autour de la fabrication des miroirs. Puis, avec le déclin de la « civilisation » paysanne, les alouettiers ont quasi disparu…mais quelques initiés maintiennent encore la tradition.

Le miroir est composé d’une pièce de bois horizontale évoquant vaguement la silhouette d’un rapace aux ailes écartées, incrustée d’éclats brillants de verre ou de métal. Elle est fixée sur un axe métallique prolongé par un pied.

Il existe des miroirs à main, actionnés par une ficelle s’enroulant autour d’un axe, et des miroirs fonctionnant grâce à un mécanisme d’horlogerie. Les premiers modèles sont préférables, car on peut moduler le mouvement en fonction de la luminosité et de la réaction des oiseaux. Leur emploi exige une certaine habitude, ainsi que la présence d’une aide. Les miroirs mécaniques dispensent le chasseur de la présence d’un auxiliaire, mais le mouvement continu et régulier est moins attractif.

Les alouettes sont attirées de loin par les éclats émis par les petits morceaux de verre, mais cela suppose un temps ensoleillé. On peut chasser au miroir du lever du jour jusqu’en milieu de la journée, il faut toutefois que la rosée ait disparu.

Le miroir est placé sur un petit promontoire au milieu d’un chaume ou d’un labour léger à proximité d’un arbre ou d’une haie qui dissimule le chasseur. Dans les vastes espaces découverts il faudra se camoufler derrière des ballots de paille.

Les premiers écrits concernant cette pratique remontent au XVIIe siècle. Elle est interdite depuis l’arrêté ministériel en date du 20 février 1989, qui s’appuie sur une directive de Bruxelles du 2 avril 1979 concernant la protection et la conservation des oiseaux sauvages. Cette directive interdit l’utilisation de sources lumineuses à la chasse et parmi celles-ci le miroir.

Les tribunaux français ont retenu qu’un miroir dépourvu de réflecteurs ne pouvait être considéré comme une source lumineuse. Dès lors, ce mode de chasse est parfaitement licite.

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