La palombière Landaise

Le principe de cette chasse est immuable : il s’agit en manœuvrant des appeaux (ou appelants) d’attirer les vols de passage pour les faire poser d’abord sur les arbres de la palombière, et ensuite de faire descendre au sol les oiseaux pour les capturer vivants au filet. Le but est donc d’imiter avec ces appeaux, qui sont des pigeons domestiques ou des palombes, des oiseaux en train de se poser, de se restaurer ou de se reposer dans le bois. On trouvera en général ces installations dans des bois à dominance de pins.

Ce type de palombière est traditionnellement rencontré dans les Landes, mais aussi en Sud Gironde dans le Gers et le Lot et Garonne. Il n’y a que dans ces départements qu’il est autorisé d’installer des filets au sol. Dans les autres départements, et si la configuration du bois s’y prête, on pourra trouver des palombières au sol mais sans filets. Dans ce cas les chasseurs tirent simplement au fusil les palombes lorsqu’elles sont posées sur les arbres.

Les chasseurs sont donc cachés dans une cabane d’où ils manœuvrent des mécaniques. Cette cabane est au sol, d’une taille plus ou moins importante et très bien camouflée. La taille de cette cabane et des installations associées est très variable et peut aller d’une dizaine d’appeaux avec ou sans sol, à une cinquantaine d’appeaux, plusieurs sols et quelques kilomètres de couloirs camouflés qui permettent aux chasseurs de se déplacer dans la forêt sans être vus. Mais les meilleurs rendements ne correspondent pas toujours aux installations les plus importantes…

Les modèles de cabane évoluent en fonction des régions mais aussi techniquement pour pouvoir s’adapter en permanence aux « caprices » des oiseaux.

Voici la présentation d’une palombière au sol typique

Le garage

Autrefois, on se rendait à la palombière en vélo ou à pied. Maintenant, il n’est pas rare de trouver des palombières équipées d’un garage 1 place, voire 2 places, pour camoufler le ou les véhicules. Ce garage peut être construit soit à quelques centaines de mètres de la palombière, soit directement à côté de celle-ci, rendant l’accès encore plus pratique et rapide.

Ce garage est utilisé par les chasseurs eux-mêmes mais aussi par les visiteurs éventuels qui doivent bien sûr se conformer aux consignes traditionnellement utilisées pour annoncer leur approche. Le code traditionnel veut que l’on siffle pour demander « la permission » d’avancer. Si le chasseur répond, c’est qu’il n’y a pas de palombes posées et que le visiteur peut avancer et se joindre à la chasse. Certaines installations ont des petits panneaux « rouge-vert » actionnés à distance par le chasseur qui indiquent si le chemin est libre.

Le quartier général

ou « oueytte » (vue en gascon)

C’est le poste de commandement, le centre vital et le poste de guet de la palombière. C’est une cabane plus ou moins grande, surélevée par rapport aux autres constructions, plus ou moins confortable où sont regroupées toutes les commandes des appeaux.

Certaines palombières peuvent comporter des équipements allant des W.C à l’électricité, la télévision ou bien le téléphone et tout ce qu’il faut pour y dormir, mais dans la plupart des cas on y trouvera l’essentiel : une pièce centrale comprenant une cuisinière, une table et des bancs, un placard de rangement pour les ustensiles de cuisine et parfois un poêle à bois pour les rudes matinées d’octobre.

C’est le centre nerveux d’où le chef de chasse surveille l’arrivée des vols et manœuvre les appeaux par l’intermédiaire des ficelles qui aboutissent toutes en ce point stratégique. Il peut aussi coordonner les actions d’autres chasseurs positionnés dans d’autres cabanes plus ou moins éloignées qui possèdent eux aussi parfois des commandes d’appeaux.

Ce poste de guet est surmonté d’un capuchon que les chasseurs abaissent lorsqu’ils aperçoivent un vol en approche. Il doit être correctement camouflé mais suffisamment « dégarni » pour que les chasseurs puissent suivre à travers l’évolution du vol, y compris à l’arrière du poste. C’est pourquoi certains s’installent sur un fauteuil pivotant pour rester tout le temps en contact visuel avec le vol.

Le banc du guet est assez long pour pouvoir accueillir 2 à 3 personnes. C’est normalement le chef de chasse qui manœuvre les commandes et lui seul, mais dans certaines palombières les rôles sont souvent partagés par les personnes qui se trouvent là et qui en ont l’habitude.

Le poste est toujours orienté Nord, Nord-Est, face au passage. Les chasseurs élaguent tous les ans les arbres obstruant leur champ de vision et qui masquent l’arrivée des palombes. En effet, pour pouvoir les « travailler » correctement, les palombes doivent être aperçues assez tôt.

L’espion

C’est le principal allié du guetteur. C’est souvent un pigeon domestique ou une palombe qui joue ce rôle. Placé devant la cabane à l’air libre, à vue du chasseur, cet oiseau est là pour signaler la présence de palombes ou de rapaces que le chasseur n’aurait pas vus. Il se manifeste en penchant la tête et en regardant dans la direction où il a aperçu quelque chose d’anormal. Il n’est jamais interpellé par les petits oiseaux. Il est donc indispensable pour les vols de retour, les palombes qui se posent seules et aussi les rapaces tentés par les proies faciles que sont les appeaux.

La cabane des appeaux

On ne la retrouve pas dans toutes les palombières, certains chasseurs se contentant de descendre les appeaux à 2 mètres du sol pour les mettre hors de portée des prédateurs.

Un peu à l’écart, on y laisse les appeaux pendant le nuit (et les prises de la journée que l’on veut conserver en vie). Elle est généralement assez vaste (10 à 12 m²), bien fermée pour décourager les prédateurs (sauvagines) et aussi bien camouflée que la cabane principale. Elle contiendra non seulement les appeaux mais aussi le nécessaire à leur alimentation c’est à dire graines et eau, et généralement un peu de matériel de bricolage.

Les couloirs

Le bâtiment du centre est relié aux autres petits postes de guet, aux sols ou aux arbres de pause par un réseau de couloirs couverts, en forme de tunnel, qui permettent aux chasseurs de se déplacer en silence et à l’abri.

En général d’une largeur d’un mètre, ils sont parfois enterrés sur une profondeur de 50cm pour se fondre mieux dans la végétation. Certaines palombières ne comportent qu’une dizaine de mètres, d’autres peuvent compter jusqu’à 1km.

Les sols

Ce sont des emplacements dégagés de la végétation où se poseront les palombes si les chasseurs arrivent à les y faire descendre et où les filets se rabattront. Ces surfaces sont planes et mesurent de 8 à 10m de longueur pour 5 à 6m de large. Elles sont souvent en terre battue ou parsemées de gazon assez ras. On peut y disséminer quelques branches de bruyère ou de pin pour masquer une trop grande nudité.

Les filets sont tendus de part et d’autre. Les chasseurs disposeront quelques graines de blé ou de maïs qui serviront d’appâts. On y trouvera aussi un petit point d’eau.

Le but est donc de faire descendre sur le sol les palombes qui sont posées sur les arbres alentours. Pour cela, rien de mieux que d’imiter une palombe qui est déjà sur le sol pour décider ses congénères à descendre. Pour cela, les chasseurs ont des « piocs » ou « poulets » qui sont poussés dans un petit couloir le long ou au milieu du sol et qui vont faire croire aux palombes que la situation est sans danger et que l’on peut s’alimenter facilement.

Les filets ou pantes

A l’origine, ils s’appelaient des tirasses. Ils n’étaient pas actionnés par de puissants ressorts comme aujourd’hui mais par le chasseur lui-même qui les refermait en se jetant en arrière en tirant sur une corde. Composés de chanvre ou de coton à cette époque, ils sont maintenant en nylon teintés.

Chaque sol est flanqué de 2 pantes se rabattant l’un vers l’autre en se croisant sur une largeur de 50cm environ. Il faut en effet un décalage à la fermeture pour que les deux filets ne se rencontrent pas, et ce léger décalage est obtenu par un réglage d’un dispositif de déclenchement et de la tension des ressorts.

La cabane de sol

C’est une petite cabane qui fait face au sol, souvent une extension du tunnel. Elle est assez sommaire mais suffisamment spacieuse pour que le chasseur puisse actionner un autre arme redoutable pour la pose des palombes au sol : la palombe de cabane. C’est une palombe qui reste à l’intérieur avec le chasseur et qui ne sera utilisée que dans le but d’imiter le bruit des oiseaux qui se posent au sol. Le chasseur peut aussi roucouler la palombe pour la mettre en confiance.

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