La chasse à la palombe

Lorsqu’un vol est aperçu depuis le poste de guet, la palombière s’anime, soudain rythmée par les mouvements des appeaux actionnés par le chasseur afin d’inciter le vol à se poser.

La pose ne sera jamais directe, le vol va tourner au-dessus de la palombière, et seuls les chasseurs expérimentés sauront utiliser les appeaux à bon escient afin d’inciter le vol à se poser au bon endroit. C’est là tout l’art de la chasse à la palombe. La réussite n’est donc pas toujours au rendez-vous, et les vols dérangés par diverses causes (avions, coups de feu, travaux agricoles…) ne se poseront pas, ou décolleront aussitôt.

Lorsqu’un vol a daigné se poser sur la palombière, un cérémonial immuable va entrer en jeu. Les chasseurs vont se diriger vers un sol (à proximité des palombes posées) en empruntant les couloirs dans un silence absolu.

Afin de rassurer les oiseaux, les chasseurs entament leur chant de séduction en imitant, le mieux possible, le roucoulement de la palombe. Puis les oiseaux étant tranquillisés, l’appeau de cabane entre en jeu, utilisé avec dextérité par le chasseur.

Tout en continuant à roucouler, les chasseurs observent le comportement des oiseaux qui sera une bonne indication pour la suite à donner. Si les palombes sauvages commencent à s’approcher des sols ou si elles roucoulent, il faut persévérer. Les oiseaux quittent alors la cime des arbres, se posent sur des branches basses. Il est temps de faire entrer en jeu « les piocs » qui, par leur comportement alimentaire, vont inciter leurs congénères sauvages à descendre sur le sol. L’instinct grégaire de l’espèce fera le reste… Des oiseaux s’entrecroisent, papillonnent au-dessus du sol, puis se posent afin de consommer les grains de blé ou de maïs disposés sur le périmètre. Si aucun élément perturbateur extérieur (ou parfois intérieur!) ne survient, le chasseur, la main crispée sur le déclencheur, va libérer les ressorts afin de conclure l’acte de chasse.

Les oiseaux capturés seront alors démaillés avec soin du filet et placés dans des sacs. Lorsque toutes les prises sont récupérées, les ressorts sont retendus, les filets repliés et les plumes perdues par les captives ramassées : elles pourraient apeurer les suivantes (le sol doit être accueillant). Les « piocs » sont alors rentrés dans leur abri, et les chasseurs reprennent leur surveillance jusqu’au prochain vol.

Un auxiliaire précieux, dénommé « espion » est utilisé dans la quasi-totalité des palombières. Un pigeon domestique, une tourterelle turque, voire une palombe, placé devant le poste de guet, à hauteur des yeux du chasseur, améliore considérablement la surveillance de la migration des colombidés (ce sont souvent ceux qui repèrent en premier les vols de palombes, ou l’oiseau de proie prêt à fondre sur un appeau).

L’arme à feu peut être (mais pas systématiquement) associée à la chasse au filet.

Ce mode de chasse, un des plus passionnants du Sud-Ouest, a de nombreux adeptes, qui aiment à se retrouver, l’automne venu, dans ce havre de paix que représente la palombière. Chasse et convivialité sont intimement associées pour le bonheur des participants.

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