Le chamois et l’isard

Le chamois (rupicapra rupicapra) et l’isard sont deux formes de la même espèce. L’isard (rupicapra rupicapra pyrenaica) est une sous espèce des Pyrénées, sensiblement plus petite, à la robe plus rouge et au trophée n’atteignant jamais les dimensions observées chez le chamois des Alpes. Dans les lignes qui suivent, le terme général chamois désigne à la fois l’espèce des Alpes et la sous-espèce des Pyrénées. L’un et l’autre sont des bovidés au corps élancé, bien équilibré, de type sauteur. La hauteur au garrot est de 70 à 80 cm; pour une longueur de 1,20 à 1,30 m et un poids compris entre 35 et 50 kg. La chèvre est plus légère que le bouc. Le jeune de l’année est un chevreau, celui de l’année précédente un éterlou ou une éterle, selon le sexe. Le pelage est gris-beige ou gris-jaunâtre ; les membres sont bruns, le pharynx et les bandes jugales claires. Une mue a lieu au printemps et à l’automne. L’isard possède en hiver une bande noire qui descend sur les pattes antérieures. Le pelage d’hiver est plus foncé, presque noire. Les cornes sont persistantes, commune aux deux sexes, terminées par un crochet vers l’arrière. Leur longueur peut atteindre 30 cm chez le bouc et 23 cm chez la chèvre. Les segments de croissance des cornes permettent de déterminer l’âge de l’animal. Les sexes sont difficiles à distinguer dans la nature. Le chamois possède 32 dents, son cri est un sifflement.

Vie et mœurs

Le chamois a besoin de zones rocheuses accidentées pour se réfugier et le relief est un critère plus important que l’altitude. On rencontre des populations naturelles dans les Alpes et dans les Pyrénées. Le chamois a été réintroduit avec succès par les chasseurs dans les Vosges (1956) et le Massif Central (1978), d’où il avait disparu ; il réapparaît dans le Jura, en provenance des cantons suisses voisins. Le milieu biologique le plus favorable se situe entre 800 et 2300 m. Ses lieux préférés sont les zones de forêts et la partie inférieure de la montagne pastorale, où il se trouve une nourriture abondante toute l’année. Celle-ci est herbacée, complétée en hiver par les lichens, des plants arbustifs et des fragments ligneux coriaces, que son système digestif lui permet d’utiliser au mieux. Comme la plupart des ruminants, le chamois recherche le sel sous forme de suintements salés dont sont recouvertes certaines roches (salpêtre). On observe des dégâts forestiers par abroutissement et écorçage, ainsi qu’une compétition alimentaire avec les animaux domestiques (estive, transhumance), les cervidés et l »es mouflons. Le cœur du chamois est volumineux et musculeux, pompe un sang riche en globules rouges, assurant une très bonne oxygénation pendant l’effort. Les onglons des sabots, grâce à leurs bords tendre et à la palmure interdigitale, accroissant la surface portante, font du chamois un animal agile à la fois sur les rochers que sur la neige.

Le rut a lieu en automne. Les boucs rejoignent les hardes de femelles et de jeunes au –dessus de la forêt. Les chevreaux naissent en mai ou en juin après 23 semaines de gestation. Les naissances gémellaires sont exceptionnelles. Les femelles ne sont pas pleines chaque année. Les boucs sont polygames. La longévité de l’espèce (jusqu’à 25 ans) permet d’avoir des populations qui se maintiennent bien, malgré un taux de renouvellement qui peut paraître faible (20 à 25%de la population totale recensée avant les naissances). L’effectif estimé est de 50 000 individus dont 15 000 isards dans les Pyrénées.

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