La palombière dans les arbres

Le principe de cette chasse est immuable : il s’agit en manœuvrant des appeaux (ou appelants) d’attirer les vols de passage pour les faire poser sur les arbres de la palombière. Le but est donc d’imiter avec ces appeaux, qui sont des pigeons domestiques ou des palombes, des oiseaux en train de se poser, de se restaurer (glaner) ou de se reposer dans le bois. On trouvera en général ces installations dans des bois à dominance de feuillus, hêtres et chênes.

Ce type de palombière est traditionnellement rencontré au Pays Basque et en Béarn. On pourra en rencontrer bien sûr dans les autres régions du grand Sud-Ouest (Lot, Dordogne, Tarn-et-Garonne, Haute Garonne, Gironde, les Charentes, Les Hautes Pyrénées et l’Ariège).

Les chasseurs sont donc cachés dans une cabane d’où ils manœuvrent des mécaniques. Cette cabane est à la cime d’un arbre, d’une taille plus ou moins importante et très bien camouflée.

On retrouve dans ces installations les éléments essentiels qui composent une palombière au sol puisque le but recherché est le même c’est à dire faire poser les oiseaux autour de la palombière, à la différence prêt que le poste de guet et de tir est au sommet d’un arbre et que les oiseaux ne sont plus capturés vivants avec des filets, mais tirés au fusil.

Les équipements sont très similaires aux palombières au sol. Mais les chasseurs sont postés à la cime d’un arbre, et on ne retrouve pas le même confort car la superficie ne peut pas être la même…

La palombière est généralement installée au sommet d’un petit coteau ou d’un vallon, dominant toujours les alentours pour voir les palombes arriver d’assez loin. De plus, les palombes préfèrent se poser sur un site d’où elles peuvent surveiller elles aussi les alentours pour se protéger d’éventuels prédateurs.

La palombière est composée d’au moins une cabane principale qui peut accueillir de 2 à 4 chasseurs. D’autres cabanes satellites peuvent être présentes si le site est important ainsi que le nombre de chasseurs. Les cabanes sont toujours installées au sommet des arbres dominants, en général un hêtre ou un chêne. Les chasseurs y accèdent par l’intermédiaire d’une échelle plus ou moins sécurisée ou parfois grâce à un ascenseur. Elles peuvent se trouver à plus de 25m de hauteur, âmes sensibles au vertige s’abstenir… Elles servent à la fois de poste de guet, de commande et de tir. Très bien camouflées, elles comportent des meurtrières par lesquelles les chasseurs passent le fusil pour tirer. Certains soutiennent les arbres à cabane par des gros câbles pour qu’ils ne bougent pas trop les jours de grands vents.

Ces chasseurs sont de véritables paysagistes qui taillent chaque année leurs arbres pour que ceux-ci se transforment en grosse boule au feuillage dru et à la cime plate. Ils appellent cela des plateaux et y installent leurs mécaniques et leurs appeaux. Les arbres de pose qui entourent les cabanes sont eux aussi taillés mais on les laisse dépasser largement les plateaux pour ne garder que la couronne du haut où les palombes viendront se poser. Il faut quand même garder un aspect naturel à la coupe et en fonction des installations et des convictions des chasseurs ces arbres et plateaux seront plus ou moins taillés, voire pas du tout.

Le sol sous les arbres est aussi bien entretenu que la cime pour que les palombes tuées soient facilement retrouvées. On y retrouvera les mêmes éléments que dans les palombières au sol pour mettre à l’abri les appeaux et du matériel de bricolage.

On retrouvera au poste de guet un espion qui permet de signaler les oiseaux que le chasseur n’aura pas vus.

Dans mon pays de l’Entre-Deux-Mers en Gironde, une palombière dans les arbres porte le nom de « jouquet ».

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