La chasse à la jument

La chasse à la Jument est un mode de chasse peu courant qui tend à disparaître puisque aujourd’hui, il ne subsiste que deux chasseurs qui pratiquent cette chasse dans les Barthes de l’Adour.

Les Barthes constituent le lit majeur de l’Adour assez régulièrement inondé pour ses parties les plus basses notamment. Les prairies naturelles humides qui longent le fleuve sont propices au gibier d’eau qui les fréquente en période de faible inondation.

Les Barthes sont utilisées toute l’année sauf en période de forte inondation par des chevaux et des vaches, les oiseaux n’hésitant pas à se poser près des animaux, nullement dérangés par leur présence.

Nos anciens avaient donc trouvé, pour approcher le gibier d’eau posé dans les Barthes, un moyen astucieux : des juments dressées qui dissimulent le chasseur de la vue du gibier.

Le principe paraît simple mais sa réalisation exige un très long travail de dressage pour habituer les juments à cheminer lentement, tête baissée (pour imiter un cheval qui broute). Il faut une patience infinie pour que ces chevaux obéissent à certains mots murmurés et pour qu’ils s’habituent au bruit du coup de fusil tiré en appui sur leur dos. Chaque étape du dressage doit respecter un ordre strict.

S’il dispose d’une jument dressée, le chasseur peut, seul aujourd’hui mais autrefois en équipe, approcher lentement le gibier posé, caché derrière son complice. L’avance se fait pas à pas, en surveillant l’attitude des oiseaux, de manière indirecte, en suivant une trajectoire  » spiroïdale « .

Au dernier moment, le chasseur pose son fusil sur la croupe de la jument avant de tirer.

Le poney barthais a constitué pendant longtemps la race utilisée par les chasseurs à la Jument car il est de petite taille, doux et obéissant au commandement. C’était également la principale race élevée (« race endémique ») dans les Barthes de l’Adour.

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